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FESTIVAL DE MARRAKECH

Classé dans : Non classé — 1 août, 2019 @ 3:10

Le festival de MAARRAKECH se déroulera du 29 Novembre au 7Décembre 2019

Le séjour de j.production est prévu du 30 Novembre au 7 Décembre 2019 > choix en fonction des vols    directs

Séjour prévu en pension complète  a l’Hôtel les IDSRISSIDES contigüe au palais des festivals.

Les maquettes ci dessous vous donnent le détail de ce séjour.

Pour une stabilité des prix auprès de la compagnie aérienne et une réservation auprés de l’hôtel NOUS SOUHAITONS UNE REPONDSE PAR RETOUR

Pour tout renseignement complémentaire : PH 06 09 85 47 74 /06+ 09 69 23 99 ou  lef.colli@wanadoo.fr

MARRAKECH  2019 p. 2 & 3

MARRAKECH 2019 p. 1 & 4

CRITIQUES Jean-Louis REQUENA

Classé dans : CINEMA — 31 juillet, 2019 @ 7:05

 

REQUENA Jean-Louis

Yuli

 

 Film espagnol de Iciar Bollain – 104’

 

Cuba années 80. Yuli (Edilson Manuel Olvera) est un jeune garçon métis hyperactif, turbulent, qui arpente les ruelles d’un quartier déshérité de la Havane. Son rêve : devenir footballeur comme son idole, le Roi Pelé. Il danse aussi en imitant Michael Jackson (Break dance). Son père Pedro Acosta (Santiago Alfonso) est un chauffeur routier, rude et violent. Sa femme, une blanche espagnole, l’a quitté…Constatant les dons physiques de son jeune fils, il entame des démarches compliquées afin de l’inscrire à la prestigieuse École Nationale de Danse de la Havane.

 

 Yuli nullement intéressé, résiste, fugue. Il ne veut pas de cette école de danse classique qui ne forme que des « maricons » (pédés) selon ses copains. Les enseignants sont frappés par les dons innés de ce petit garçon athlétique mais rebelle à toute discipline. Cahin-caha, Yuli adolescent (Keria Martinez) devint un danseur remarquable, à fort potentiel, qui gagne en 1991, à 16 ans, le premier prix du prestigieux Concours de Lausanne.

 

 Dès lors sa carrière de danseur est lancée. En premier lieu Cuba (Ballet National de Cuba)), puis aux États-Unis (1993 : Houston), en Angleterre (1998 : Le Royal Ballet – Covent Garden), etc…Son physique athlétique soutient la comparaison avec les grands danseurs étoiles russes tels que Rudolf Noureev (1938/1993) ou Mikhaïl Baryschnikov (1948) …

 

 De surcroît, c’est le premier danseur étoile noir.

 

 Le dernier long métrage de la réalisatrice espagnole Iciar Bollain (52 ans) narre cette histoire d’un gamin des rues devenu une star mondiale de la danse. Son matériau de base : l’autobiographie de Carlos Acosta que le compagnon d’Iciar Bollain, Paul Laverty, scénariste anglais (il travaille habituellement pour Ken Loach) a structurée en trois temps distincts (enfance rebelle, adolescence chaotique, maturité glorieuse). Le récit non chronologique, est savamment déconstruit par séquences ou l’enfant, puis l’adolescent sont interprétés par deux jeunes comédiens. Le danseur étoile joue son propre rôle « doublé » par un jeune danseur cubain lors des répétitions du ballet que Carlos Acosta monte à la Havane. Nous naviguons entre de la fiction historiée et un documentaire classique. Le montage audacieux du film est réussi car Iciar Bollain a maintenu, sans rompre, la fluidité du récit propre a l’écriture cinématographique.

 

 Pour son huitième opus, Iciar Bollain nous propose un film dynamique, éloigné d’une simple illustration d’un destin hors norme inséré dans l’histoire d’un pays qui ne l’est pas moins : Cuba. « Le rêve socialiste cubain » des années 60 est devenue un cauchemar journalier, une simple dictature tropicale qui ne fait plus illusion depuis des décennies. Dans ce contexte géopolitique tendu, dramatique, un métis rebelle réussit, au final, par sa détermination a « danser sa vie ».

 

 Le long métrage de Iciar Bollain n’est pas sans rappeler celui fort récent de Ralph Fiennes sur Noureev, mais le rendu final est moins sage, moins consensuel, plus proche historiquement de nous. Carlos Acosta vit aujourd’hui à Cuba ou il dirige sa propre compagnie (Acosta Danza) en attendant de prendre (peut-être ?) la direction du Ballet National de Cuba ou officie encore, d’une main de fer, Alicia Alonso (99 ans !).

 

 Yuli a été présenté en sélection officielle au dernier Festival de San Sébastian (septembre 2018) où il a remporté un grand succès public.

 

Vita & Virginia

Film britannico-irlandais de Chanya Button – 110’

 

 Londres, début des années 20. Une femme du monde, bien mise, Vita Sackville-West (Gemma Arterton) devise aimablement avec un homme distingué, Sir Harold Nicolson (Rupert Penry-Jones) diplomate, son mari. Ils sont dans un studio de la BBC, grande radio anglaise. Ils échangent sur le thème du couple, de ses problèmes, à fleuret moucheté : elle est bisexuelle, lui également. Tous deux évoluent dans le grand monde aristocratique permissif…La magie de la radio fait que ces propos allusifs pénètrent dans l’atelier d’imprimerie de la maison d’édition Hogarth Press créee, en 1917, par Leonard Woolf (Peter Fernando) époux, depuis 1912, de la romancière Virgina Woolf (Elisabeth Debicki).

 

 ls tirent le diable par la queue car leur petite entreprise d’édition d’ouvrages de qualité a du mal à survivre…

 

 Vita Sackville-West vient de mettre un terme à son aventure amoureuse avec Violet Trefusis (sa mère Lady Sackville (Isabella Rossellini) horrifiée, condamne sans appel cette liaison). Elle propose son manuscrit relatant, sous une forme romanesque, sa « love affair » à la maison d’édition Hogarth Press…Le livre, « boosté » par un parfum de scandale se vend bien et sauve provisoirement l’entreprise de la déconfiture…

 

 Vita Sackville-West femme de tempérament, entreprenante, libérée sexuellement rencontre Virginia Woolf, bisexuelle, névrosée, fragile, en proie à mille obsessions. L’une est riche, puissante, conquérante, l’autre pauvre, démunie, hantée par des visions horrifiques. C’est déjà une écrivaine vivant chichement avec son mari, Leonard, qu’elle chérit, dans une sorte de phalanstère intellectuelle depuis leur mariage : le Bloomsbury Group regroupant des écrivains, des artistes bohèmes, tous prônant avec candeur et naïveté, une autre société idéale, plus juste : une manière de socialisme utopique.

 

 Une passion charnelle, compliquée, s’installe entre Vita l’aristocrate dominante et Virginia l’intellectuelle dominée (en apparence) dans un climat social « post victorien » tolérant mais cancanier.

 

 Les barrières sociales, les convenances, résistent face à cet amour lesbien…

 

 Ledeuxième long métrage de Chanya Button (33 ans) est basé sur la pièce de théâtre éponyme de Eileen Atkins, par ailleurs coscénariste. Cette œuvre est un montage à partir de la correspondance entre Vita et Virginia (Correspondance 1923/1941 – traduite en français chez Stock – 1986). Le récit chronologique de la rencontre des deux femmes jusqu’à leur séparation, repose dans sa construction, ses dialogues, sa dramaturgie, sur leur intense correspondance. Du coup le film, par ailleurs très soigné (photographie, costumes, décors réels, etc.), semble par moment soumis aux contraintes littéraires, esthétiques, et peut apparaitre comme empesé. C’est un film sage, aimable, manquant ici et là, de sensualité, de dérèglement des sens, sujet réel de l’attirance de Vita pour Virginia.

 

 Elles sont après tout des « féministes » avant l’heure : Vita dans l’action, Virginia dans la réflexion qui trouvera son terme créatif dans son roman Orlando, A Biography (1928). L’ouvrage est toujours célèbre de nos jours, expose sous une forme romanesque (Orlando change de sexe passant du masculin au féminin !) des réflexions sur le genre et l’art, directement inspirées par sa douloureuse passion pour son aristocrate.

 

 Si Vita & Virginia demeure un film de « qualité anglaise » bien fabriqué, il n’en reste pas moins que les deux actrices principales sont épatantes : Gemma Arterton (Vita) qui a porté le projet de ce long métrage au point qu’elle en est coproductrice, et Elisabeth Debicki (Virginia) plus que crédible, longiligne, au physique préraphaélite donnant un visage à la personnalité complexe de Virginia Woolf (1882/1941) déjà en marche vers son tragique destin (suicide par noyade à 59 ans dans la rivière Ouse).

 

 Un film intéressant à voir pour sa facture « classique », ses interprètes féminines, et l’histoire de ces femmes du premier quart du XX ème siècle qui tentèrent, à leur façon, de se libérer.

 

Rojo

 

 Film argentin de Benjamin Naishtat – 109

 

 Un long plan fixe sur une villa banale, quelque part dans une ville d’Argentine. Nous sommes en 1975. Des gens sortent furtivement en emportant du mobilier : lampes, chaises, fauteuils, appareils électroménager…Sans transition aucune, une salle de restaurant tout aussi quelconque : un homme, la quarantaine, Claudio (Dario Grandinetti) assis, seul, face à une table portant deux couverts, feuillette machinalement le menu : il attend sa femme… Le serveur aimable devise avec lui. Soudain, un homme excité s’approche de lui et lui manifeste sa mauvaise humeur : Claudio occupe seul une table et de fait se croit tout permis…Excédé par les remarques désobligeantes de l’intrus, Claudio cède sa place tout en faisant des commentaires acides sur le comportement agressif de l’intrus qui parait de plus en plus hystérique…

 

 La femme (Andrea Frigerio) de Claudio arrive enfin en s’excusant pour son retard…L’incident parait clos…Claudio a retrouvé une table. Mais la nuit, après le repas, à la sortie du restaurant, l’homme est là, et les invective en brandissant une arme…

 

 La mécanique dramatique va s’enclencher, puis se défaire lentement tout au long du récit filmique en « polluant » tous les protagonistes de cette sombre histoire. C’est une sorte de thriller politique « flottant » car il évite tous les effets démonstratifs propres à ce genre : c’est la vie banale, précautionneuse, d’un avocat de province, Claudio, de sa femme et de sa fille dans L’Argentine de 1975 avant le « Golpe » (Coup d’état du 24 mars 1976 par une junte de militaires).

 

 Ce grand pays vit des moments dramatiques, incertains, depuis le retour (1973), et la mort de Juan Perón (1895/1974) ainsi que de sa succession au pouvoir, assurée par sa femme, Isabel Martinez de Perón, chef du gouvernement (?), notoirement incompétente, surveillée par les militaires cornaqués par les États-Unis.

 

 Le pays en suspens parait amorphe comme lobotomisé. C’est ce glissement vers la dictature (1976/1983) que décrit admirablement le troisième long métrage de Benjamin Naishtat. Claudio avocat, notable de province est porteur d’une culpabilité, mais aussi d’un renoncement entaché de quelques malversations : il faut bien vivre ! Des personnages étonnants surgissent au détour d’une scène : un détective chilien fou et mystique…Un préfet martial flanqué d’un garde du corps armé d’une mitraillette…Un petit groupe de jeunes gens de bonne famille (los señoritos) violents…Benjamin Naishtat sème le long de son film des indices inquiétants sur la société argentine provinciale d’alors.

 

 Ce réalisateur afin d’éviter le discours classique du thriller politique contemporain, avec de fortes scènes démonstratives, aujourd’hui ressenties à juste titre par les spectateurs comme trop manichéennes, adopte, paradoxalement, la grammaire cinématographique particulière des années 1970 : l’image de son chef opérateur Pedro Sotero est suave, peu contrastée (tons, verts, ocres, rouges) avec emplois d’objectifs d’époque ! La décoratrice, Julieta Dolinski a exécuté un travail minutieux de reconstitution des environnements familiers de cette époque (appartements, bureaux, lieux publics, etc.). Enfin, l’équipe son a élaboré, en cohésion, une bande sonore (paroles, sons ambiants, musiques) en « aplatissant » celle-ci (son mono !) gommant ainsi le relief sonore agressif de nombreux longs métrages actuels.

 

 En conclusion, c’est un travail d’orfèvre sur les deux composants essentiels du cinéma : l’image et le son. Benjamin Naishtat malgré son jeune âge (33 ans !) et sa courte carrière (deux longs métrages avant cet opus : Historia del Miedo – 2014, El Movimiento – 2015) nous fait ressentir l’aphasie, le malaise, qui ont « engourdi » une partie de la société argentine, harassée de ses multiples bouleversements politiques, avant l’instauration des « années de plomb » (1976/1983) de la dictature militaire du général Jorge Videla et de ses successeurs.

 

 Rojo (rouge en castillan) a cumulé au dernier Festival de San Sébastian 2018, le prix du meilleur acteur pour Dario Grandinetti, du meilleur réalisateur pour Benjamin Naishtat et de la meilleure photographie pour Pedro Sotero.

Jean-Louis REQUENA

 

 

 

 

 

 

 

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