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CRITIQUES DE FILMS Jean Louis REQUENA

Classé dans : CINEMA — 5 octobre, 2016 @ 4:00

REQUENA Jean-Louis

Planétarium

 Film français de Rebecca ZLOTOWSKI (106’)

Encore un film français ambitieux écrit et réalisé par une femme. A Paris au début des années trente, deux sœurs américaines Kate (Natalie PORTMAN) et Laura (Lily Rose DEPP) exercent leurs talents, le spiritisme, dans des cabarets de la capitale. Dans cet univers particulier, fort bien décrit, elles rencontrent un important producteur de cinéma, André KORBEN (Emmanuel SALINGER), hanté par sa femme disparue qu’il tente de rejoindre par la voie des esprits, de l’au-delà. Le film décrit sur trame historique, la montée de l’intolérance, de l’antisémitisme (le producteur est juif) évoqués à travers quelques courtes scènes, et suit le parcours de ces deux jeunes femmes qui, fusionnelles, s’éloignent l’une de l’autre au fil des évènements.

 Ce film que nous avons qualifié d’ambitieux l’est à plusieurs titres car il narre deux histoires : Celle des sœurs BARLOW et celle du producteur de cinéma KORBEN dont l’ambition est de faire de grands films (nous sommes au début du cinéma parlant) avec un matériel d’avant garde (studio sonorisé, caméra, pellicule, etc.). Ce producteur a existé : il s’agit de Bernard NATAN (1886-1943) français d’origine roumaine, décoré de la croix de guerre, mort à Auschwitz (Pologne) et victime de l’antisémitisme virulent, en cours dans les milieux cinématographiques d’entre les deux guerres. La réalisatrice, Rebecca ZLOTOWSKI a fait son cursus universitaires à la FEMIS, rue Francoeur à Paris XVIII ème, ancien studio de cinéma sonorisé construit par…..Bernard NATAN alors propriétaire de l’entreprise PATHE dont il a été dépossédé après un procès ignominieux avant d’être déporté à Auschwitz ou sa vie s ‘achèvera.

 La jeune réalisatrice qui n’en est qu’à son troisième long métrage (2010 : Belle Epine, 2013 : Grand Central) déjà remarquée dans des festivals (Cannes, Venise) nous livre un film remarquable hors de la production courante hexagonale.

 

Réparer les vivants – France – 104’

 

 Film de Katell Quillévéré

 

 

 

Un jeune surfeur, Simon (Gabin Verdet), est déclaré en état de mort clinique après un stupide accident de la route. Ses parents effondrés vont devoir prendre une terrible décision : donner ou non ses organes et en particulier son cœur. A l’autre bout de la France, Claire (Anne Dorval), au cœur de plus en plus fragile, est en attente d’une greffe. Ce film, que nous avons vu cet été, à la dernière Mostra de Venise, dans la section Orizzonti (horizon/découverte) est reparti bredouille comme du reste tous les films français qui ont été présenté dans ce festival un brin masochiste (le palmarès est tout simplement consternant).

 

 Nous n’avons pas lu le roman de Maylis De Kerangal qui a été salué par les critiques lors de sa parution en 2014. L’adaptation que nous avons visualisée est, de notre point de vue, réussie tant la jeune réalisatrice (née en 1980 !) maitrise la narration cinématographique par des équivalence visuelles, par un rythme musical soutenu lors des séquences finales (ablation du cœur du jeune Simon et transplantation de celui ci dans la poitrine de Claire). Soulignons que la musique est d’Alexandre Desplat.

 

Pour son troisième long métrage Katell Quillévéré montre à l’évidence un don certain pour la direction d’acteurs, tous parfaitement dirigés : Tahar Rahim en médecin compréhensif, Emmanuelle Seigner et Kool Shen (un rappeur !) en parents d’abord terrassés par la douleur puis dignes, sans oublier Anne Dorval, égérie de Xavier Dolan, ici en malade en attente de son nouveau cœur.

 

 Katell Quillévéré déjà récompensée pour ses précédents longs métrages, Un Poison Violent (Prix Jean VIGO 2010) et Suzanne (sélectionné au Festival de Cannes 2013) enrichit la pépinière des réalisatrices françaises. Encore une exception culturelle française !

 

 

 

Voyage à travers le cinéma français – 195’

 

 Film de Bertrand Tavernier

 

 Nous connaissons tous Bertrand Tavernier cinéphile passionné, depuis son premier long métrage l’horloger de Saint Paul (1974) et qui depuis nous a délivré de nombreux films fictions, documentaires, toujours intéressants sur des sujets les plus divers tant sa curiosité intellectuelle, cinématographique, ne semble pas avoir de limite.

 

 Peut-être influencé par le travail de Martin SCORSESE (Voyage à travers le cinémaaméricain et le cinéma italien), il nous propose un voyage évidemment subjectif à travers le cinéma français des années 1930, début du parlant, aux années 1970. Durant trois heures un quart, qui soit dit en passant ne semble pas long tant le sujet est passionnant, Bertrand Tavernier tout en parti pris, mais comment ne pas l’être sur un aussi vaste sujet, maintient un rythme d’enfer ou les extraits de films, les commentaires en voix off ou non, s’emboitent dans un immense puzzle.

 

 Le réalisateur expérimenté qu’il est, doublé d’un cinéphile tatillon, il suffit pour cela de suivre son blog mensuel, a choisi de suivre trois axes : Les réalisateurs connus ou ignorés du grand public qu’il réhabilite : Jacques BECKER, Edmond T. GREVILLE, John BERRY, Jean SACHA, etc. Les acteurs Jean GABIN, Eddie CONSTANTINE. Les musiciens injustement oubliés Joseph KOSMA, Maurice JAUBERT, etc…La liste serait trop longue, mais sachez qu’il y a de véritables surprises et des anecdotes hilarantes. Ce n’est pas l’histoire du cinéma français dans sa totalité, mais un survol jouissif de près de 50 ans de cette industrie culturelle qui se maintient encore aujourd’hui à un haut niveau, en France, malgré les offensives répétées des blockbusters en tous genres.

 

 D’après nos sources, Bertrand Tavernier prépare pour la télévision une version longue de ce documentaire (9 fois 52 minutes, soit près de 8 heures !) qui a n’en pas douter enrichira encore son Voyage à travers le cinéma français.

 

 Jean-Louis REQUENA


MOSTRA 2016 CRITIQUES D’ANNIE FONTES

Classé dans : Non classé — 5 octobre, 2016 @ 3:51

FONTES Annie pour blog

Festival International de VENISE (2 au 9 Septembre 2016)

     De plus en plus difficile de parler de la Mostra, car la sélection semble incohérente et de moindre qualité. Sans doute VENISE est-elle parasitée par DEAUVILLE et le cinéma américain, et par TORONTO, festival tout public. Il n’en reste pas moins que cette année, les visages au sortir des salles ne montraient pas les grands sourires qui donnent envie de retourner vite dans une autre sélection de la compétition.

    Que ce soit VENEZIA 73 – la compétition Officielle- ORIZZONTI ou FUORI CONCORSO,  la Mostra 2016  s’est caractérisée  par des œuvres violentes, tristes ou incompréhensibles, accompagnées d’une musique tonitruante.

    Parmi celles vues, une des plus violentes est BRIMSTONE du hollandais Martin KOOLHOVEN, film sulfureux s’il en est, où un pasteur poursuit trois générations de femmes ou de fillettes de son sadisme de sa perversité, à travers l’Amérique, celle des saloons, des bordels,de l’installation des immigrants à l’ouest. Ce n’est pas un western à la John Ford.

 Depuis quelques années, les films sont violents, sociaux, très influencés aussi par le cinéma et les délires de Terence Malick et où la musique tient une place importante.

 SPIRA MIRABILIS, film italien de Massimo d’Anolfi et Martina Parenti, en est la preuve.  Le souffle, le vent, l’air, la reproduction des micro-éléments recueillis dans la mer et surveillés au microscope, contribuent à la magie de la première heure du film. Puis tout se bouscule et c’est un galimatias d’images les unes à côté des autres, accompagnées d’une musique assourdissante  aux sons métalliques venus d’ailleurs. L’apparition et la voix en français de Marina Vlady, à la fin du film, disant un texte parfaitement abscons ajoute à l’incompréhension qui se développe tout au long de la 2ème partie du film…Mais c’est beau visuellement. 

Un film turc de Reha ERDEM, Koca DUNYA (Big Big World) évoque le bon sauvage vu à travers la fuite et la traque de deux adolescents –frère et sœur – dans une forêt marécageuse entre roseaux et vastes étangs. C’est le retour à la nature aimante et aidante avec de belles images selon les heures du jour et du soleil à travers les branches.

Le côté social des films est souvent associé à une grande violence.

 MAUDITE POUTINE, du canadien Karl LEMIEUX, en noir et blanc, pour faire dans le coup, comme tous les poncifs égrenés tout au long du film. Histoire de drogue et de mafia, histoire brouillonne, pas maîtrisée, accompagnée d’une musique si forte qu’elle crée instabilité et désordre chez le spectateur.

   Tout comme le film de Tom SUTTON, DARK NIGHT, où des ados exercent cette violence sur eux-mêmes et l’utilisent comme moyen de communication entre eux, tout en opposant un mutisme complet à leur famille. Film volatil sur l’incommunicabilité. 

A l’opposé PIUMA de ROAN JOHNSON et TOMMASO de TIM ROSSI STUART, proposent une vision de la famille italienne, chaleureuse, bruyante, envahissante où les hommes crient leur impuissance à dominer les évènements de leur vie, et où les femmes au final « prennent le pouvoir » et gèrent les situations conflictuelles.

 WHITE SUN, film népalais de DEEPAK RAUNIYAR et MUKTI  BHAWAN (Hôtel  salvation) de  l’indien SHUBHASHISH  BHUTIANI , parlent aussi de la famille, celle qui se crée par la  rencontre d’un frère absent et de sa fille, celle qui se défait par la mort d’un frère égoïste et se reconstitue après la crémation des corps.

 JACKIE,  vue par PABLO LARRAIN,  avec la belle NATALIE PORTMAN et surtout JOHN HURT en prêtre « conseilleur » montre les affres de la First Lady durant la préparation des obsèques de John Kennedy…et on a tout compris parce qu’on connaît l’histoire.

 Il ne faut pas oublier deux autres films français d’une autre sélection :

REPARER  LES VIVANTS de KATELE QUILLEVERE, d’après le livre de Maylis de Karangal, avec  Emmanuelle SEIGNER , Tahar RAHIM, KOUCHEN ( un chanteur), Alice TAGLIONI, Dominique BLANC, sur le cheminement de parents à qui on demande les organes de leur fils mort accidentellement.

Certains trouvent que ce film est plus un documentaire qu’une fiction. Il est bien fait et nécessaire. On comprend tout et on participe à l’empathie générale.

 PLANETARIUM de REBECCA ZLOTOWSKI est un hommage au cinéma des débuts du parlant, à travers la vision d’un français, Bernard Nathan, dans le film « Nathan Kerten », qui y a cru dans les années 30 et qui a fini à Auswitz.

La distribution est superbe. NATALIE PORTMAN,  plus belle et plus convaincante qu’en  « Jackie Kennedy » et LILY-ROSE-DEPP. Elles sont sœurs et médiums et aident Kerten dans ses expérimentations afin d’illustrer l’illusion.

 A titre personnel, j’ai vu moins de films que d’habitude, et manqué ceux qui ont été primés. Mais j’ai traversé la lagune tous les jours au soleil et c’est aussi un des grands plaisirs qu’offre la Mostra.

                          

Palmarès : 

Le metteur en scène et scénariste Sam Mendes présidait le jury, composé entre autres de Chiara Mastroianni, Laurie Anderson, Zhao Wei, Lorenzo Vigas (Lion d’or pour le meilleur film l’an dernier).

Lion d’or pour le meilleur film : Ang Babaeng Humayo, film philippin de Lav Diaz.

Lion d’argent pour la réalisation : La region salvaje d’Amat Escalante (Mexique) /  Paradise d’Andrei Konchalovsky (Russie).

Grand Prix du Jury : Tom Ford pour le long-métrage américain Nocturnal Animals (avec Jake Gyllenhaal).

Prix spécial du jury : le film américain The Bad Batch, de Ana Lily Amirpour.

Scénario : Noah Oppenheim pour Jackie de Pablo Larrain (avec Natalie Portman).

Trophées de la meilleure interprétation : Emma Stone dans La La Land et Oscar Martinez dans le film argentin El Ciudadano Ilustre.

Révélation : Paula Beer dans le film français Frantz, de François Ozon.

ANNIE FONTES

 

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