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CRITIQUES DE FILMS Jean Louis REQUENA

Classé dans : CINEMA — 5 octobre, 2016 @ 4:00

REQUENA Jean-Louis

Félicité

 Film d’Alain GOMIS – 123’

 Félicité (Véro Tshanda Beya) est une femme noire, à la présence rayonnante, chanteuse la nuit dans un bar improbable, à l’épicentre d’une mégalopole moite, Kinshasa (12 millions d’habitants !) capitale de la République Démocratique du Congo (RDC). Ses jours et ses nuits sont une lutte pour la survie dans ce climat étouffant ou la corruption règne en maître. Sans relâche elle se bat contre tout et tous pour exister dans cette ville tentaculaire à la dérive, dans son pays, la RDC, ex-colonie belge (le Congo Belge) née dans la violence (le Roi Léopold II de Belgique en 1885 en avait fait son territoire colonial personnel !), et soumis depuis lors à ses cycles incessants de guerres internes.

 Dans son bar minable où trainent des clients alcoolisés, Félicité chante en Lingala avec un groupe de musiciens congolais, les Kasai Allstars. Soudain on lui annonce que son fils unique, Samo 14 ans (Gaétan CLAUDIA) a eu un accident de moto. Elle se précipite à l’hôpital où gît son fils inanimé, dans une salle commune saturée de bruits et de saletés. Le chirurgien corrompu réclame sans détour de l’argent pour soigner son fils de sa fracture à la jambe. Comment trouver la somme importante que le « toubib » réclame pour intervenir ? Félicité en mère courage court dans Kinshasa pour réunir la somme réclamée par le médecin. Après les chants du soir dans le bar surchauffé, les scènes domestiques ou son amoureux transi, grand géant noir débonnaire Tabu (Papi Mpaka), lui fait une cour assidue, un deuxième film commence à l’image sombre, moins lumineuse (chef opérateur, Céline BOZON). Arrivera-t-elle à sortir Samo de cet enfer ?

 L’image change, mais le son également car les musiques congolaises des Kasai Allstars alternent avec de courtes séquences, de plus en plus fréquentes, de l’Orchestre Symphonique de Kinshasa répétant Fratres d’Arvo PÄRT. Confrontation entre la musique populaire congolaise et la musique savante européenne qui se côtoient et s’ignorent.

 Pour son quatrième long métrage, le réalisateur franco-bissau-guinéo-sénégalais, Alain GOMIS (né en 1972) fait ici preuve d’une maîtrise cinématographique tant scénaristique que visuelle car il n’hésite pas à prendre des risques narratifs pour nous proposer un film ambitieux, nonobstant des moyens économiques limités. C’est tout à son honneur pour nous qui supportons (mal !) les horreurs cinématographiques aux budgets pharaoniques qui encombrent nos écrans.

 Alain GOMIS a été récompensé, pour ce film, par un Ours d’Argent au Festival de Berlin 2017.

 C’est un film a voir car il dépeint une autre réalité : l’Afrique centrale dans sa complexité préoccupante, voire explosive : quelques plans dans les rues dévastées de Kinshasa, écrasées par la chaleur, surpeuplées en disent fort long sur le devenir de cet étrange pays qu’est la République Démocratique du Congo.

 The Lost City of Z

 Film américain de James GRAY – 140’

 Angleterre 1906 : Percy FAWCETT (Charlie HUNNAM) est un officier britannique admiré par ses hommes, mais snobé par ses pairs nobliaux, car il pâtit, dans sa carrière de ses antécédents familiaux douteux. Avec sa femme Nina (Sienna MILLER) qui attend un enfant, il ronge son frein dans d’obscures tâches militaires. Contre toute attente, la prestigieuse Société Géographique Royale D’Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier la frontière incertaine qui sépare le Brésil de la Bolivie.

 Aidé de son assistant Henry COSTIN (Robert PATTINSON, barbu, méconnaissable), d’un guide indien et de quelques aides, il s’enfonce lentement en arpenteur dans la forêt amazonienne A partir de quelques débris de poteries, de bas reliefs maladroits, il se persuade d’avoir découvert une cité disparue qu’il appelle, faute de mieux, Z. Dès cet instant Percy FAWCETT devient un explorateur habité par la recherche de cette cité perdue, son graal. Il ne monte pas moins, dans des conditions précaires, trois expéditions à partir de l’Angleterre avec entre, la participation à l’effroyable parenthèse de la première guerre mondiale dans les plaines meurtrières de la Somme, en terre Française.

 Pour son sixième film, James GRAY, new-yorkais de naissance s’éloigne de ses derniers films urbains (La Nuit nous appartient – 2007, Two Lovers – 2008, The Immigrant – 2013) ou il excellait pour s ‘enfoncer lui aussi dans la forêt hostile peuplée de d’animaux redoutables, serpents, panthères, de tribus indéchiffrables, mais structurées, hors des codes culturels européens, tantôt amies tantôt hostiles.

 Réalisateur et scénariste James GRAY, s’inspirant du livre de David GRANN narrant la véritable histoire de Percy FAWCETT, cette quête incessante sur près de vingt ans (1906 – 1925), réussit son pari de nous absorber dans son récit réaliste (l’Angleterre), poétique (l’Amazonie) au frontière du fantastique. Les références cinématographiques sont là (Aguirre, la Colère de Dieu – 1972, Apocalypse, now – 1979) mais guère pesantes. James GRAY a trouvé la bonne tonalité pour son sixième long métrage réalisé dans des conditions matérielles difficiles. Il faut saluer, à tout égard, la formidable photographie de Darius KHONDJI, chef opérateur franco-iranien très demandé aux Etats-Unis (Woody ALLEN, Gus Van SANT, etc.).

 En 2h20, le film vous entraine du monde codé, hiérarchisé de la bonne société anglaise, post-victorienne, à l’obscurité de la forêt, au bouillonnement des cours d’eau, à la boue des tranchées, à la nuit fantastique, au pandémonium.

 L’Autre Côté de l’Espoir

 Film finlandais de Aki KAURISMÄKI – 98’

 Port d’Helsinki, Finlande : Dans un cargo tout juste amarré, un homme s’extrait péniblement d’un tas de charbon. Il est tout noir, il se douche c’est un blanc : Khaled (Sherwan HAJI), un réfugié syrien. Dans la même ville, un finlandais, Wilkström (Sakari KUOSMANEN), la cinquantaine, commercial en lingerie décide de quitter sa femme, de vendre son stock, et avec son pécule, de racheter un restaurant : la Chope Dorée. Deux destins, d’abord fort éloigné un immigrant forcement nomade et un natif naturellement sédentaire se croisent au mitan du film… par un bref échange violent : chacun frappe l’autre au visage puis se retrouve dans le restaurant de Wilkström, La Chope Dorée, où ce dernier offre à manger à Khaled.

 Une autre histoire commence balançant entre les finasseries de l’administration finlandaise concernant Khaled, est-il un « bon refugié » ou non, et les interventions burlesques des bureaucrates venus vérifier le bon fonctionnement du restaurant de Wilkström qui entre-temps à engagé Khaled. Le récit glisse d’une scène à l’autre avec fluidité. La magie cinématographique opère avec humour. Les plans sont composés avec rigueur et rien, ni dans le décor, ni le jeu « à plat » des acteurs ne vient parasiter le déroulé de l’action. Il y a une sorte de froideur réjouissante teintée d’un humour discret. Rien n’est appuyé mais tout paraît évident, tant le réalisateur également scénariste maitrise, sa narration.

 Aki KAURISMÄKI à la une longue filmographie, nous avait déjà étonné avec son précèdent film le Havre (2011 – Prix Louis DELLUC) tourné en France. Son ton à la fois froid, détaché, burlesque à l’instar des films muets qu’il admire nous montre les mécanismes de la société finlandaise tolérante (les gens ordinaires) et vétilleuse (l’administration).

 La violence que subit à un moment Khaled est le fait de demeurés affirmés défendant la « pureté finlandaise » contre la tolérance globale de cette société.

Ce long métrage, proche par instant des incunables muets (peu de paroles), nous émeut sans nous attrister car il s’achève sur une note douce/amère d’espoir. Il ne faut pas désespérer de l’humain.

 Ce film a obtenu l’Ours d’Argent du meilleur réalisateur à la Berlinale 2017.

L’Opéra

 Film Franco-Suisse de Jean-Stéphane BRON – 110’

 Autant l’avouer immédiatement, nous avons une certaine prévention contre les documentaires. La longue histoire du cinéma mondial a démontré que ceux-ci pouvaient être manipulés sans difficulté par leurs protagonistes. La propagande la moins subtile, un unique point de vue, le dominant, ou réputé tel, nous conforte sur le vieil adage cinéphile : Documentaire, « docu-menteur ».

 C’est donc avec une sorte de défiance à l’encontre des faciles manipulations audio-visuelles, le son contredit l’image et vice-versa, souvent grossières, parfois pernicieuses, que nous avons visionné le nouveau long métrage, son quatrième, du suisse Jean-Stéphane BRON lequel précédé, il est vrai, d’une excellente réputation de documentariste.

 D’abord Jean-Stéphane BRON s’est immergé avec une petite équipe de trois personnes, lui preneur de son, un caméraman et une assistante durant un an et demi dans les deux « paquebots » que sont l’Opéra GARNIER temple de la danse, et l’Opéra Bastille navire amiral de la direction. De surcroît à partir des immenses matériaux enregistrés, il nous propose un montage ordonné autour du monde d’en haut, les dirigeants, en particulier le nouveau directeur Stéphane LISSNER, et le monde d’en bas : les régisseurs, les habilleuses, les ouvriers qui travaillent en coulisse pour alimenter la machinerie, parfois en surchauffe (menaces de grève !). De l’autre les artistes : un jeune russe Micha (Mikhail TIMOSHENKO), baryton basse qui gagne le concours de chant et est de fait, intégré à la troupe. Une diva qui demande à son habilleuse de la filmer avec son Smartphone au moment des saluts, une danseuse haletante, sortant de scène, qui s’écroule de fatigue en coulisse (magnifique plan séquence).

 

Le metteur en scène et sa monteuse (Julia LENA) multiplient les points de vue dans un discours fluide, jamais heurté, ni démonstratif. C’est nous spectateurs qui jugeons, apprécions ou pas leurs propositions. Cela s’appelle la démocratie. C’est la grande leçon de ce film ou pour produire un spectacle exigeant, Moïse et Aaron d’Arnold SCHÖNBERG avec cœur, orchestre symphonique, énorme taureau sur scène (easy rider, figurant placide de 1500 kilos !) ou les Maitres Chanteurs de Nuremberg de Richard WARGNER avec pléiades de chanteurs aux egos surdimensionnés, il faut du temps et de la pédagogie.

 Ce documentaire nous réconcilie avec l’approche naturaliste du cinéma car sur une durée « normale », une heure cinquante, il nous donne matière à penser la réalité artistique, économique (la billetterie aux tarifs stratosphériques !) dans sa complexité et non pas du prêt-à-penser qui sont le lot commun de la majorité des documentaires audio visuel (la télévision étant a cet égard trop souvent le pire des médias de masse : vu à la télé !).

 Un regard a tout égard lucide sur notre société à travers le prisme de la haute culture artistique (Opéra, chant, ballet).

 Young Lady

Film du Royaume Uni de William OLDROYD – 89’

 L’année dernière en 2016, nous avons fêté, si l’on peut dire, le 400 ème anniversaire de la mort de William SHAKESPEARE (1564-1616). Du grand Will, nous avons hérité d’une bonne trentaine de pièce de théâtre dont un Macbeth, la pièce Ecossaise, comme la nomment les acteurs anglais par superstition : elle aurait porté malheur à nombre d’acteurs. Mais avec Macbeth, l’homme de guerre, devenu roi, il y a sa femme, son inspiratrice maléfique : Lady MACBETH. C’est le titre original de ce long métrage à la durée « sage » : 89 minutes.

 La pièce matricielle du Barde, William SHAKESPEARE, a eu une nombreuse descendance tant littéraire que cinématographique (Orson WELLES, Andrzej WAJDA, Roman POLANSKI, etc.) Ici le scénario est adapté du livre russe de Nikolaï LESKOV, Lady MACBETH du district de Mtsensk. En 1936, le compositeur Dimitri CHOSTAKOVITCH en fit un opéra homonyme qui lui valu les foudres de Staline, un long article dans la Pravda dénonçant sa musique « formaliste-petite bourgeoise », et une disgrâce qui faillit lui coûter la vie. La malédiction de la pièce Ecossaise perdura sous des cieux peu cléments…

 Ici, l’action a été transposée en Angleterre en 1965 : une jeune femme Katherine (Florence PUGH) épouse sans amour un homme plus âgé Alexander (Paul HILTON) qui ne s’intéresse guère à elle, souvent absent, et vit sous la férule de son père, personnage odieux. Katherine semble s’étioler dans cet univers glacial, d’une sourde violence en compagnie d’une servante noire dévouée Anna (Naomi ACKIE). Elle tombe amoureuse de son palefrenier, Sébastian (Cosmos JARVIS), personnage frustre lui aussi, mais doté dans cet univers sans amour, d’un fort pouvoir érotique. Le mécanisme dramatique est ainsi remonté et la deuxième partie du film nous réserve quelques surprises.

 C’est la première réalisation de William OLDROYD issu de la Royale Shakespeare Compagny (toujours le grand Will !) et la maîtrise dont il fait preuve, direction d’acteurs, cadrage, rythme des scènes, est étonnante. Malgré un faible budget (580.000 € !) il a su en décors naturels minimalistes par une mise en scène astucieuse (plans fixes aux cadrages géométriques, quelques plans séquences) nous rendre « palpable » cette terrible histoire à la manière d’un théâtre de la cruauté. A noter le travail du chef opérateur Ari WEGNER qui avec une camera numérique, réussit à maintenir un chromatisme en concordance avec le déroulement des scènes (couleurs froides, couleurs chaudes).

 Ce jeune metteur en scène anglais est à suivre tant il fait preuve, pour son premier opus, d’ingéniosité cinématographique malgré les contraintes qui lui sont imposées (budget, rapidité du tournage). Il est vrai qu’il dirige d’excellents acteurs (école anglaise !)

 L’Homme aux mille visages

 Film Espagnol de Alberto RODRIGUEZ – 122’

 En 1993, en Espagne, jeune démocratie, dominée politiquement par le Parti Socialiste de Felipe GONZALEZ, éclate une importante affaire de corruption : Le patron de la Guardia Civil, la puissante gendarmerie espagnole, Luis ROLDAN est convoqué par une juge en vue de son inculpation. Il aurait détourné à son profit des fonds publics, des millions de pesetas ! L’homme disparaît durant 10 mois pour de resurgir en février 1995 entre deux policiers, à l’aéroport de Bangkok où il se rend aux représentants du gouvernement espagnol venus l’appréhender. Sa disparition et son arrestation jettent le trouble persistant dans le système démocratique espagnol. Que s’est-il passé réellement ? Les manipulations de l’opinion publique, les mensonges répétés à l’envie par le ministre de l’intérieur, Juan Alberto BELLOCH, s’accumulent. Le scandale éclate !

 Derrière tout cela il y a un homme, ex-agent secret espagnol, Francisco PAESA « Paco » (Eduardo FERNANDEZ, glaçant) qui orchestre magistralement cette embrouille gigantesque avec peu de comparses dont Jésus CAMOES « le Pilote » (José CORONADO), dans le but ultime de « rouler » tout son monde et de récupérer l’argent dissimulé dans des paradis fiscaux (ici, Singapour).

 A priori, rien n’est moins cinématographique que de narrer sans scènes d’action, sans explosions et coups de revolver, une arnaque de haut vol ou le protagoniste principal est un personnage cauteleux et fuyant toute exposition : il glisse d’appartements luxueux ou sordides en aéroport, en hôtels, en bars. Quelques brèves conversations téléphoniques suffisent à alimenter l’implacable mécanisme. « Paco », un maître du mystère, de l’embrouille, taiseux, mais efficace.

 Le jeune cinéaste Alberto RODRIGUEZ (45 ans) nous avait séduit en 2015 avec son passionnant policier campagnard, andalou sur l’embouchure du Guadalquivir : La Islaminima. Il récidive avec ce film ambitieux, urbain, qui a obtenu 2 Goya (les Césars espagnol) ou il affiche sa maîtrise d’un récit tortueux qui exige une attention soutenue du spectateur. Son dernier long métrage, par sa complexité, son parti pris de « fragmentation », nous rappelle celui de Francesco ROSI L’Affaire Mattei (Palme d’Or au Festival de Cannes 1972).

 A nouveau, le cinéma ibérique en dépit de sa faiblesse économique (peu de salles obscures, peu de spectateurs) démontre sa vitalité créatrice, en particulier scénaristique, que parfois nous Français, lui envions.

 Jean-Louis REQUENA

 

 

 

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