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Archive pour la catégorie 'CINEMA'

MEILLEURS VOEUX 2019

Posté : 5 janvier, 2019 @ 5:21 dans CINEMA | Pas de commentaires »

Toute l’équipe de J.PRODUCTIONS  vous présente ses meilleurs vœux pour la nouvelle année.

MONIQUE -RENE – CLAUDE

 

NOUVEL_AN

 

FESTIVAL MARRAKECH 2018

Posté : 16 juillet, 2018 @ 10:43 dans CINEMA | Pas de commentaires »

FESTIVAL DE MARRAKECH 2018

 Le 17 eme FESTIVAL DU FILM s’est déroulé  du 31 novembre au 8 décembre 2018

Le  séjour  de J.PRODUCTIONS du 1 au 10 décembre regroupait  25 participants logés a l’hôtel LAMBRADA ROSE (ancien IDRISSIDES)  contigüe au palais du festival.

Malgré une programmation tardive ( 2 mois avant l’ouverture ) on notait  la présence de « de NIRO »  » SCORCESSE »  » KIBERLAIN » avec au jury James GRAY ,Laurent CANTET….

Outre les séances au festival une partie du groupe a excursionné aux « CASCADES d’OUZOUD  » à  « ESSAOUIRA  » et diné en médina au RIAD BAB IZOUD 

Prochainement sur le site les photos de ce séjour et à la prochaine AG une diapo. Photos

Lors de cette AG des films ou des photos par les participants seront les biens venus

 

PROCHAIN VOYAGE « CUBA  » DU 24 JANVIER AU 2 FEVRIER 2019  > 14 participants inscrits 

CRITIQUES Jean-Louis REQUENA

Posté : 16 juillet, 2018 @ 10:14 dans CINEMA | Pas de commentaires »

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Célébration

Film français d’Olivier Meyrou – 74’

Une main blanche soignée, légèrement tavelée, hésitante, trace sur une grande feuille blanche une silhouette féminine dans une toilette à peine esquissée. La caméra décadre les mains et nous dévoile, en très gros plan, un visage blafard barré de lunettes à épaisses montures. Cet homme au visage triste, à la bouche lippue, l’air absent, déjà dans un ailleurs, est immédiatement reconnaissable : c’est Yves Saint Laurent. (1936/2008).

Séquence suivante. Il est dans une grande pièce, devant une baie vitrée, en contre jour, et s’efforce de répondre, en choisissant ses mots, à une interview, fort respectueuse, de la journaliste du Figaro spécialiste de la mode. Ni l’un ni l’autre ne vont très bien : elle tousse, s‘étrangle quelque peu, chuinte les quelques mots qu’elle parvient à émettre. Leurs silhouettes noires se détachent sur un arrière plan lumineux. Nous sommes en 2001. C’est la fin d’un monde, celui de la haute couture personnalisé par Yves Saint Laurent à la fois créateur et marque de prestige. C’est un long cycle de près de quarante ans (1962, première collection de haute couture) qui s’achève dans l’anémie et la mélancolie.

Derrière le génie créatif d’Yves Saint Laurent, un homme ambitieux, énergique, colérique, a toujours été là, à la fois peu visible (pour le grand public) et très présent : Pierre Bergé (1930/2017). C’est son compagnon de route depuis leur rencontre en 1958 quand Yves Saint Laurent travaillait pour la maison Dior. Ils ne sont plus quittés malgré leur tumultueuse relation, d’abord amoureuse jusqu’en 1976, puis essentiellement professionnelle : Yves Saint Laurent en créateur angoissé, Pierre Bergé en businessman autoritaire. Une diarchie infracassable composée de deux personnalités antagonistes et réconciliables : ni avec toi, ni sans toi. Yves Saint Laurent s’est refugié dans ses « faux amis » (alcools, drogues, médicaments) et Pierre Bergé dans une quête éperdue de reconnaissance officielle (président du syndicat de la haute couture, président de l’Opéra National de Paris, président de Sidaction, actionnaire du Monde, etc.). Sombre alchimie d’un couple qui, hormis de prestigieux brimborions, fut somme toute, d’une temporalité ternaire ordinaire : une passion, une habitude, un drame.

Le court film documentaire d’Olivier Meyrou (52 ans) présenté à la Berninale de 2007 est resté dans sa « boîte » depuis ce temps (11 ans !) à la demande de Pierre Bergé. C’est un document exceptionnel car il échappe au genre biopic banalement chronologique. Tourné durant trois ans (de 1998 à 2001) avant l’arrêt définitif de la maison de haute couture, nous y côtoyons outre les deux protagonistes principaux, leurs proches (Betty Catroux, Loulou de la Falaise, des mannequins, des couturières, etc.) dans la fièvre, l’angoisse, le stress des collections. Le film tantôt noir et blanc, tantôt en couleur, diffracte ce monde de la mode en apparence frivole mais terriblement exigeant. Yves Saint Laurent de nature déprimé s’y est fracassé soumis à des tensions permanentes. Pierre Bergé mentor, à forte personnalité semble y avoir échappé : il poursuit jusqu’au bout son long, affectueux compagnonnage avec son ex-amant qui semble comme un enfant perdu à l’épicentre de tant de compliments.

Olivier Meyrou nous livre sous forme de documentaire resserré, un film triste et mélancolique qui fait pendant aux deux longs métrages de fiction sortis en 2014 : Yves Saint Laurent de Jalil Lespert (adoubé par Pierre Bergé) et Saint Laurent de Bertrand Bonello.

Il n’est pas courant de visionner un film de ce genre (documentaire) aussi pertinent qui par la grâce d’un montage subtil, non chronologique, sans complaisance, nous ouvre un champ de réflexion sur la créativité humaine et les abysses que fatalement elle y côtoit.

Cette œuvre dans un genre souvent maltraitée, le documentaire, est un petit bijou (74 minutes !) de lucidité empathique.

Amanda

Film français de Mikhaël Hers – 107’

Paris 12 ème arrondissement. Sandrine (Ophélia Kolb) est une mère célibataire, professeur d’anglais, qui élève sa fille Amanda, 7 ans, une enfant blonde et espiègle (Isaure Multrier). Son frère David (Vincent Lacoste) est un jeune homme de 24 ans élagueur à la Mairie de Paris et adepte de petits boulots rémunérateurs : il loue pour une agence, des appartements meublés à des touristes étrangers de passage dans la capitale. Il est immature, peu fiable, toujours en retard. Tout le contraire de sa sœur dont la vie est très structurée par son travail et par l’éducation d’Amanda.

David est rétif à toute discipline, il mène une existence décousue au gré de ses rencontres. Sa tante Maud (Marianne Basler) le tance gentiment sur son manque de constance, sa nonchalance. Il doit se rendre à un rendez-vous : un pique nique sur la pelouse du Château de Vincennes où sa sœur l’attend. Il est de nouveau en retard…entre temps un drame épouvantable a eu lieu. Sandrine est morte. Amanda est devenue orpheline sans mère ni père. L’administration demande à David d’accepter, en tant que plus proche parent, d’être le tuteur de sa nièce. Il panique, temporise, effrayé par cette soudaine responsabilité qui va bouleverser sa vie. Il finit par y consentir…

Amanda éplorée, déstabilisée par la disparition soudaine de sa mère se retrouve à cohabiter, dans son appartement, avec un David maladroit, abattu par la disparition soudaine de sa sœur, qu’affole sa paternité accidentelle.

Pétri par le chagrin, un tandem bancal se met lentement en place balloté par des intervenants comme la récente amie de David, Léna (Stacy Martin) partie à Périgueux, loin de Paris. La vie de David est chamboulée par la présence permanente d’Amanda, la quotidienneté, la régularité, qu’elle lui impose. Il pense ne pas être à la hauteur exigée par cette nouvelle cohabitation.

Le nouveau couple improbable adulte/enfant va-t-il résister à la mélancolie, au deuil ? L’apprentissage du chagrin en commun ne va-t-il pas le délier ?

Le 3 ème long métrage de Mikhaël Hers, par ailleurs coscénariste, est un miracle d’équilibre et de sensibilité. Dans un Paris populaire du 12 ème arrondissement, entre la Place Voltaire et la Gare de Lyon, il y fait vivre, déambuler, à pied, à vélo, ses personnages, Sandrine, Amanda, David, etc. sans que cela paraisse fabriqué tout en étant distancé grâce des images lumineuses (chef opérateur, Sébastien Buchmann). Sur un sujet difficile traitant, du deuil, de la mélancolie, de la résilience, il procède par petites touches impressionnistes lesquelles composent au final un tableau saisissant de vérité. C’est parfaitement maîtrisé et l’émotion est là qui affleure.

Tous les comédiens sont épatants à l’unisson de ce film coruscant. Il faut souligner le formidable duo que forment Amanda et son oncle David. Il est extrêmement difficile de faire jouer des enfants devant une caméra compte tenu des contraintes du tournage (attente, répétition, dialogue, etc.). Mikhaël Hers en choisissant Isaure Multriel pour la petite fille (7 ans !) et Vincent Lacoste pour l’oncle immature (24 ans) a visé juste. Nous n’avons pas vu un enfant s’investir autant dans un tel rôle depuis Ponette (1996) film de Jacques Doillon. Ce binôme est en état de grâce !

Un grand film sur la perte d’un être cher, la douleur qui s’en suit et la résilience nécessaire. La vie continue en dépit de tout…

Leto

Film russe de Kirill Serebrennikov – 126’

En février 1981 à Leningrad, les autorités soviétiques de la ville ouvrent, sous surveillance, une salle de spectacles pour les premiers groupes rock russes. Mike Naoumenko (Roma Zver) 26 ans, pionnier du rock underground s’y produit avec son groupe Zoopark. La salle est vétuste, délabrée, la sonorisation pourrie, mais les jeunes de Leningrad affluent, attirés par cette nouveauté musicale venue de l’occident capitaliste. Des jeunes filles s’y faufilent pour admirer les musiciens. Parmi elles la belle Natacha (Irina Starshenbaum) qui deviendra la compagne de Mike. Les groupes de rock sont tolérés dans la ville la plus occidentalisée de l’URSS de Brejnev (Secrétaire Général du Parti Communiste de l’Union Soviétique – 1964/1982), mais les apparatchiks veillent au grain : interdiction de se lever, de crier, d’agiter les mains, de manifester son enthousiasme, etc.

Seuls les pieds des spectateurs s’agitent sous les chaises sagement alignées.

L’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) est un pays immense qui sombre, lentement miné par une politique chaotique (il est dirigé par la deuxième génération de bolchevicks cacochymes, bornés, hors d’âge), une économie asphyxiée, une population démunie, une idéologie proclamée obsolète. La guerre d’Afghanistan déclenchée par le Politburo en 1979 qui perdurera jusqu’en 1989 deviendra le Vietnam de l’URSS. Dans ce carcan soviétique en déclin, le rock underground, copie maladroite, sans moyens, de celui d’occident, officiellement honni, devient pour la jeunesse de Leningrad, une soupape d’où chuinte une forme de liberté.

C’est l’été (leto). Sur l’estran d’une plage, des musiciens du groupe Zoopark accompagnés d’une chorale improvisée de jeunes femmes, chantent, boivent (beaucoup !) et flânent. Viktor Tsoï, 19 ans, (Teo Yoo) surgit d’une pinède guitare à la main et se joint au groupe. Il chante l’une de ses compositions. Le miracle opère. Tous reconnaissent son talent brut, en premier Mike et son épouse Natacha qui n’est pas insensible à ce beau jeune homme au physique eurasien.

C’est la chronique d’un été, d’un triangle amoureux, dans une société conformiste, étriquée, mais dont on entend sourdre sa transformation future (Glasnost et Perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev – 1985).

Pour narrer cette histoire à la Jules et Jim (François Truffaut – 1961) le réalisateur russe Kirill Serebrennikov (49 ans) nous propose un tourbillon d’images et de sons étourdissants. La caméra virevolte d’un personnage à un autre sans que cela ne paraisse jamais vain : le mouvement est au service des histoires, celle du « ménage à trois », celle de la micro société des musiciens et enfin celle de la société soviétique réfractaire à cette « musique de sauvage » fort éloignée des standards permis. Certaines séquences sont hilarantes : dans un autobus où le groupe rock s’agite, les passagers comme dans une comédie musicale, improvisent une chorale discordante. Le metteur en scène use alors des techniques d’animation de l’image : contours blancs des protagonistes, dessins grattés, ratures, surimpressions, coloriage, clips en couleurs. Ironiquement un rocker brandit une pancarte à la fin de la séquence : « tout ceci n’a pas existé !».

Kirill Serebrennikov adapte de façon continue, les formes visuelles de son récit aux espaces ouverts (la plage) ou fermés (la salle de spectacle, les appartements exiguës). La caméra est toujours au bon endroit : à hauteur des personnalités attachantes que sont Viktor, Natacha et Mike son mari dans leurs tentatives de pousser les murs du conformisme « petit bourgeois ». Ces personnages ont réellement existé (le scénario est issu d’un livre de souvenir de Natacha) mais échappent aux biopics assommants, moralisateurs. C’est l’irruption de la vie telle quelle vaut la peine d’être vécue dans toute sa puissance créative, destructive.

Kirill Serebrennikov est également metteur en scène et directeur de théâtre (Centre Gogol, théâtre d’avant garde de Moscou). Il est assigné à résidence depuis la fin du tournage de Leto (été 2017) en vue de son procès pour détournement de fonds publics, fait qu’il conteste. C’est un artiste russe emblématique, ouvertement homosexuel.

Son film a été présenté au dernier Festival de Cannes dans la sélection officielle. Il n’a pu s’y rendre avec l’équipe du film, son passeport lui étant retiré. Malgré un accueil très favorable du public, des critiques, son dernier opus achevé dans la douleur (il est déjà consigné dans son appartement) n’a eu aucun prix.

Il n’en reste pas moins que c’est une grande œuvre, magistrale, à voir, malgré quelques redites.

JEAN-LOUIS REQUENA

 

 

 

 

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