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Archive pour la catégorie 'CINEMA'

FESTIVAL MARRAKECH 2018

Posté : 16 juillet, 2018 @ 10:43 dans CINEMA | Pas de commentaires »

FESTIVAL DE MARRAKECH 2018

 Le 17 eme FESTIVAL DU FILM se déroulera du 31 novembre au 8 décembre 2018

Le  séjour  de J.PRODUCTIONS du 1 au 9 décembre (Dates choisies en fonction de  Royal Air Maroc en vol direct de BORDEAUX)

Actuellement  25 adhérents sont inscrits et les demandes correspondantes déposées auprès du bureau concerné.

Les maquettes ci-dessous  précisent les conditions d’inscriptions

MARRAKECH 2018 p 2 & 3 copie

MARRAKECH 2018 p4 & 1 copie

CRITIQUES Jean-Louis REQUENA

Posté : 16 juillet, 2018 @ 10:14 dans CINEMA | Pas de commentaires »

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Les Frères Sisters

Film franco-américain de Jacques Audiard – 117’

Dans une nuit noire des coups de feu éclatent autour d’une grange isolée. Ce sont les frères Sisters Eli (John C. Reilly) et Charlie (Joaquin Phoenix) qui, commandités par le Commodore, un potentat local, traquent des « desperados ». Ils les exécutent les uns après les autres avec application. La grange prend feu et les chevaux s’échappent dans la nuit noire. Les deux frères Sisters, Eli l’ainé et Charlie son cadet, sont de redoutables « gunfighters » sans état d’âme. Leur métier est de tuer tout individu désigné par le Commodore (Rutger Hauer).

Ce dernier leur donne une nouvelle mission : traquer un dangereux illuminé, Herman Kermit Warm (Riz Ahmed) qui voyage vers l’Oregon (1851 : la ruée vers l’or !) où il veut appliquer une méthode révolutionnaire pour trouver de l’or. Herman Kermit Warm est déjà chassé par un détective John Morris (Jake Gyllenhaal) gentlemen érudit, pétri de culture qui a réussi à l’arrêter avant que les frères Sisters les rejoignent. Après quelques péripéties picaresques, violentes, burlesques, un étrange quatuor va naître et peut-être prospérer entre les deux brutes et les deux intellectuels en ce milieu du XIX ème siècle dans les contrées sauvages de l’Amérique du nord ouest durant la ruée vers l’or, de l’Oregon à la Californie.

La cohabitation inattendue va générer son lot de surprises.

L’astucieux scénario de Jacques Audiard et de son coscénariste habituel Thomas Bidegain, évite avec soin les clichés classiques du genre, aujourd’hui fané, du western : l’attaque de la diligence par des indiens, les cowboys hors la loi, le sheriff, la fille du saloon, etc. A partir du roman du canadien Patrick DeWitt (Actes Sud – 2012) ils ont modifié les personnages pour les rendre plus aptes au langage cinématographique. L’histoire effrayante des frères Sisters, tueurs professionnels, infantiles, humoristes par défaut, devient dans leur scénario un conte gothique plein de surprises, de têtes à queues narratives, sans que cela ne perturbe en rien notre plaisir de spectateur.

Jacques Audiard pour son huitième long métrage en qualité de metteur en scène (il a réalisé son premier opus à l’âge de 42 ans : Regarde les Hommes tomber – 1994) a su se prémunir des erreurs à ne pas commettre dans le cadre d’une production franco-américaine : le film a été tourné avec une équipe française en Espagne (Sud et Nord : scènes d’intérieur, plaines arides) et en Roumanie (scènes de montagne). Les acteurs tous fabuleux, sont américains (à noter que John C. Reilly détenait les droits du livre de Patrick DeWitt dont est issu le scénario…français !). Loin des lieux réels de l’histoire, également pour des raisons de coûts (poids des syndicats américains dans le processus de tournage), et de décors naturels (trop de paysages déjà vu dans de très nombreux westerns) Jacques Audiard et son équipe ont su recréer un univers westernien passionnant et onirique par la grâce du jeu intense des acteurs, des décors surprenants et de la qualité bluffante de la photo (chef opérateur Benoît Debie).

Le réalisateur coscénariste a su se « sourcer » sans ostentation aux grands westerns d’Antony Mann (Les Affameurs – 1952, Je suis un Aventurier – 1954) à ceux de Clint Eastwood (Pale Rider – 1985, Impitoyable – 1992) et enfin au grand maître John Ford (La Prisonnière du Désert -1956) qu’il cite sans plagier dans une séquence astucieuse. Jacques Audiard n’est pas écrasé par ces maitres du western, genre cinématographique essentiellement américain et parfaitement codé. (Pas l’ombre d’une trace visuelle ou verbale d’un quelconque « western spaghetti »).

Le talent particulier de Jacques Audiard éclate s’il en était besoin dans son dernier opus. Il a en quelque sorte multiplié les contraintes lors du tournage en Europe avec des acteurs américains dont il ne parle pas la langue et démontre, de surcroit, sa virtuosité dans l’écriture du scénario qui ne souffre d’aucune faiblesse, malgré une structure narrative duale (les frères Sisters et les intellectuels se rejoignent tardivement dans le récit). Le résultat sur l’écran est une narration limpide et jouissive dès le premier visionnage.

A la fin de la projection du film à la 75 ème Mostra de Venise (début septembre), la salle enthousiaste a longuement applaudi. Nous pensions (naïvement !) qu’il avait une grande chance d’obtenir le Lion d’Or du meilleur film. Il n’a eu que le Lion d’Argent du meilleur réalisateur. Le film ayant obtenu cette récompense (Roma de Alfonso Cuaron) était produit par…Netfix qui refuse le circuit des salles obscures (diffusion exclusive sur internet… comme Amazon).

C’est le combat de deux conceptions du spectacle cinématographique qui commence.

Shéhérazade

Film français de Jean-Bernard Marlin – 109’

A Marseille, Zachary (Dylan Robert) 17 ans, surnommé Zach, sort d’un centre de détention pour mineur. Il intègre un centre d’éducation surveillée accompagné de son assistante d’éducation. Il s’évade rapidement pour rejoindre son quartier à la recherche de son ancienne bande qui le rejette : il a fait de la prison pour avoir revendu de la drogue et de ce fait, peut compromettre leur petit négoce lucratif. Tout le monde l’ignore y compris sa mère qui est en ménage avec un homme taciturne et violent. Zach erre dans les rues mal famées jusqu’à sa rencontre avec une jeune et jolie fille qui se prostitue : Shéhérazade (Kenza Fortas). Elle l’héberge dans son gourbi qu’elle partage avec une transsexuelle droguée. Recherché pour évasion, Zach est à la dérive. Il ne fait rien de ses journées et traine dans les rues autour de Shéhérazade et de ses copines qui tapinent.

Sollicité par ses nouvelles amies qui se plaignent de la concurrence, après un cuisant échec, il forme un « commando » et lance une expédition punitive pour chasser des proxénètes bulgares qui occupent le territoire convoité. Pour le remercier, sans qu’il y prenne garde, Zach devient de fait un proxénète : il perçoit une commission sur les passes des filles.

Tout se passe bien jusqu’au moment ou Shéhérazade est agressée par les anciens comparses de Zach. Pour eux, Shéhérazade est une pute donc pas une femme respectable, une moins que rien aux yeux de ses agresseurs.

Comment Zach encalminé par ses contradictions (est-il amoureux de Shéhérazade ou non ?), limité par la pauvreté de son langage, tenaillé par des bouffées de violence, va-t-il réagir face à ce mauvais sort ?

C’est le premier long métrage de Jean-Bernard Marlin (38 ans) après deux courts métrages remarqués : La Peau Dure (2007) et La Fugue (2012). Faute de moyens financiers après deux ans de travail (lente élaboration du scénario après enquêtes sur le terrain, recherche d’acteurs non professionnels, recherche de financement, etc.) Jean-Bernard Marlin nous propose un film coup de poing sur des jeunes gens dans une ville qu’il connaît bien pour y avoir vécu de longues années : Marseille. La cité phocéenne est décrite comme une ville dangereuse, presque du tiers monde. Toute la première partie du film est tournée camera numérique à l’épaule, son direct, comme un documentaire. Mais le propos est fictionnel même s’il est tiré d’une histoire vraie. Une telle mégalopole portuaire, toujours au bord du désastre financier, sociologique, politique, etc., est en quelque sorte un énorme chaudron humain qui « produit », plus que nulle part dans notre pays, des destinées poignantes, sordides, de ce genre.

Nonobstant, le regard sans complaisance, sans jugement de valeur, que porte le réalisateur sur cette histoire, somme toute commune sous cette latitude, il reste à hauteur de ses protagonistes et ne les « surplombe » jamais. Son écriture visuelle « hachée » est adaptée à la première partie du film avant de s’apaiser vers une conclusion bouleversante. Jean-Bernard Marlin maîtrise le déroulé du film d’une main sûre. Il n’est pas diplômé de l’Ecole Nationale Louis Lumière pour rien.

Les deux acteurs principaux qui interprètent, ou plutôt incarnent, Zach et Shéhérazade sont d’une justesse inouïe pour la bonne raison qu’il ne savent pas jouer la comédie : ils sont « bruts de décoffrage » ! Jean-Bernard Marlin les a choisis dans le cadre d’un long casting sauvage. Ils ne jouent pas, ils sont les personnages (mimiques, langage, etc.).

Le film a été sélectionné pour la Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes. Par ailleurs, il a obtenu le Prix Jean Vigo et le prix du meilleur film lors du Festival du Film Francophone d’Angoulême, Prix des étudiants francophone ainsi que le Prix SACEM pour la musique.

Jean-Bernard Marlin est un jeune réalisateur prometteur. Nous formons le vœux que le succès critique et espérons public de Shéhérazade lui permettra de réaliser un nouveau long métrage dans des conditions matérielles plus confortables.

 Burning

Film coréen de Lee Chang-dong – 148’

Corée du Sud de nos jours. Jong-soo (Yoo Ah-in) est un jeune homme qui vit de petits boulots et rêve de devenir écrivain. A Séoul, lors d’une livraison il rencontre Haemi (Jun Jong-seo) une ravissante jeune fille originaire de Paju comme lui, village près de la frontière démilitarisée qui sépare les deux Corées. Elle apprend la pantomime et veut devenir actrice. Ils se retrouvent, couchent ensemble dans la studette de Haemi où elle vit avec son chat. Quelque temps après, elle part en Afrique Noire et demande à Joog-soo de nourrir son chat en son absence.

Jong-soo retourne travailler à la ferme familiale de Paju dont il doit s’occuper car son père vient d’être emprisonné pour avoir molesté un policier et doit passer en jugement. Avec la vielle camionnette familiale Jong-soo se rend dans la studette de Haemi pour nourrir le chat Choffo (chauffe-eau !) qu’il ne voit jamais. Ce chat existe il ?

Haemi appelle Jong-soo depuis l’Afrique et lui demande de venir la chercher à l’aéroport de Séoul, ce qu’il s’empresse de faire. A son grand désappointement Haemi arrive accompagnée d’un Coréen plus âgé qu’elle, beau, sûr de lui : Ben (Steven Yeun). Ben semble riche, « occidentalisé ». Il se déplace en Porsche Carrera tandis que Jong-soo circule dans sa vielle camionnette.

Rapidement, une sorte de triangle amoureux s’installe sans qu’aucun des personnages du trio ne semble en pâtir. A l’instar de la mise en image somptueuse (longs plans séquences aux teintes « chaudes »), rien n’apparaît comme défini ou définitif, tout semble en suspension comme inabouti. Si Jong-soo nous apparaît comme « net », c’est un homme de la terre, un jeune paysan, ce n’est pas le cas de Ben et de Haemi qui du reste disparaît, « s’évapore » dit Ben à Jong-soo.

Le trio devient un duo antagoniste du moins du point de vue de Jong-soo. Celui-ci bien qu’assujetti à la ferme familiale se lance à la recherche de Haemi. Va-t-il la retrouver ?

Lee Chang-dong (64 ans) est un cinéaste à part dans le formidable paysage du cinéma sud coréen. Intellectuel, écrivain, il a réalisé son premier film Green Fish (1997) à 43 ans. Burning est son sixième film après son précèdent Poetry (2010) il y a huit ans. Il tourne peu, portant comme dans ce dernier opus, un soin particulier au scénario ou la narration paraît fluide et naturelle alors même qu’elle est trouée par des non-dits. A partir d’une nouvelle de l’écrivain japonais Haruki Murakami Les Granges Brulées (L’éléphant s’évapore – Haruki Murakami – Edition du Seuil – 1998), avec son coscénariste Oh Jung-mi, il fait un travail d’orfèvre pour maintenir une structure scénaristique solide ou vient se greffer un récit flou. Par la lenteur de la mise en image (2heures 28 minutes !), Lee Chang-dong développe un film mystère sur la mystérieuse absence de Haemi, sur le désir de vérité que ce manque développe. Lee Chang-dong nous raconte tout cela avec son propre langage cinématographique : sens du cadre, de la lumière, des mouvements de caméra, du travail minutieux sur les sons, le tout avec une rigueur qui nous épate.

Ce film mystérieux, envoûtant, posséde plusieurs niveaux de lecture qu’il vous faudra découvrir ou non, selon chacun.

Ce réalisateur rare (6 longs métrages en 30 ans !) a été un éphémère ministre de la Culture dans son pays la Corée du Sud (2003/2004). Il s’est notamment battu pour imposer des quotas face à l’invasion des films nord américain. Le cinéma sud coréen est, de nos jours, l’un des plus intéressant du monde par la qualité et la diversité de ses productions.

Burning a été en compétition dans la sélection officielle du dernier Festival de Cannes. Il n’a rien obtenu. Pour de nombreux observateurs il méritait la Palme d’Or.

 JEAN-LOUIS REQUENA

 

 

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